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Bonne année, bonne santé, et bonnes montées !

dimanche 23 janvier 2011, par Alain Hervais

Le week-end dernier marquait le retour des interclubs pour les 4 équipes rouennaises en lice pour la montée dans leurs divisions respectives. Cet objectif est toujours et plus que jamais d’actualité pour l’équipe 2 qui maintient son rythme de croisière en tête de la N4 (victoire 5-2 à Verneuil) et pour l’équipe 4 qui conserve sa place de leader en R2 malgré son match nul 2-2.

En revanche, l’accession à l’étage supérieur paraît fort compromise pour l’équipe 3, forcée de déclarer forfait en R1. Quant à l’équipe 1 en N2, tout reste jouable tant pour la montée que pour la descente ; elle reste en milieu de tableau avec une victoire de retard sur le premier et une victoire d’avance sur le dernier.

Plus de détails ci-dessous sur ce week-end de N2 narré par Matthieu...

Adrien

Comment vous conter ce week-end Caïssien fort en émotion et de longue haleine ? Je crois même que l’on tient les droits pour un long métrage : "Il était une fois un match sans fin" du Tolkien édité chez Plon ... Le dilemme : qui allait tenir le rôle principal ... Et la concurrence fut et la concurrence vint ...

Bref que retenir de cette double ronde Afflelou mes p’tits loups ... Le premier acte avait de quoi passionner les foules au théâtre Saint-Sever en compagnie de nos amis de Grand-Quevilly, de la présence exceptionnelle de notre mentor parapsychologue et ami Maître bulgare : Plamen. En cet honneur, un banquet fut occasionné Joëleusement de galettes des Rois à volonté, saveurs caféïnées coulant à flot. Puis en réception radio, nous savions qu’ils allaient jouer armes au poing ... "Messieurs, veuillez applaudir nos adversaires gladiateurs" ... je répète "Ici Rouen, ici les Moulineaux" et ce fut la dernière retransmission, décidément ces biélorusses emploient du lourd : un président en otage, une prise d’antenne ...

L’arbitre charge la carabine, casse deux lustres et lance le départ ... tous les chevaux sont en course, les jockeys, tasse en main, les paris ravisent le cours de Rouen-Echecs dans l’optique d’une prochaine rançon à déverser chez les coyotes de Minsk et deux églises ... quand vint la new : the new : Tony exécute : one point !! ! ... quoi le coup classique du Sicilien ... on a retrouvé la victime gisant de 24 coups de couteau dans le dos ... un accident est vite arrivé : une victoire en gant de velours tandis que pendant ce temps, tout s’accélère, nous essayons de neutraliser la vague Moulinex ... Allions-nous passer au hachoir ou les mixer à p’tit feu ? Pour qui le coup du presse purée automatique ? Pour Bibi, j’essayais de jouer à la roulette russe pour deviner les coups de mon adversaire ... quel mauvais présage m’attendait ... encore ce putain de Paco Rabanne, d’ailleurs ca ne sentait pas le parfum et je me retrouvais ficelé comme un saucisson ... 1 à 1 ... 1 à 2 ... 1 à 3 et la guerre de Troie n’aura pas lieu ...

Bilan du tiercé : une défaite et une remise, tout de même, sur les grille-pains Moulinex en signe de reconnaissance ... Journée sombre pour un match mouliné et toujours pas de nouvelles de notre ... non, je ne peux en parler, trop de l’intense de l’émotion : "Libérez Tufek... Libérez Tufek notre fidèle Aminsk"

C’est alors que le lendemain fut un jour nouveau, et la lumière vint, les projecteurs chauffaient comme tartiflette au soleil ... Trop la classe ce match qui se jouait ... le grand écran quoi : Paris ... le Ménilmontant ... déjà les p’tites chansonnettes de notre Patrick Bruel national me trottaient dans la tête ... lalala le plus beau de Saint-Jean ... (je n’ai pu citer Sardou pour raison d’éthique) ... Que c’était mimi ... tandis que la jolie Emilie voyait déjà au reflet des cierges de l’église du Ménilmontant des lueurs d’espoir de qui sait notre prochaine victoire ... Tout était écrit quoi ... même les épitaphes du Père Lachaise, non loin, en mentionnaient quelques vers à ce sujet ... Rouen Echecs allait-il marquer ces trois points au classement de notre poule aux oeufs d’or ...

Le match commence à merveille avec deux victoires dont ce prix de beauté orchestré par Nicolas dit le Statisticien qui compte plus vite que son ombre ... une victoire également de Victor le Terribledans un échiquier tactique de cendre et de sang .... puis le suspense se mêle à la situation ... Emilie et Nicole se prêchent le chignon ... du Brassens cette fois-ci sans les moustaches ... coup de talon gauche dévié ... puis un coup malheureux de cavalier et notre héroïne telle un nymphe de l’imaginaire Racine s’effondre sur la scène ... mais Emilie reste Emilie et c’est de son sourire radieux que déjà le mot tragédie se fond dans les méandres abyssales de notre mémoire et crie déjà espoir ... 3 à 3 !!! Toujours cette putain de guerre de Troie ... Il reste deux "cavalero" en jeu ... Tonio et Antonio ... deux finales avantageusement complexes qui décideront de la tombée du rideau ... Oui, ils se battent jusqu’à la dernière maille de leur armure ... Des héros crie la foule en liesse ... la combativité avant tout ... de cet intensif du match nous leur devons beaucoup ... mais nécessité ne se satisfait pas de suffisance et cette finale Fou + Pion contre Fou de même couleur (plan de gain difficile : Averbach) et finale Dame + Cavalier contre Dame les deux paires se neutralisent ... Leurs feuilles de partie respective (environnant plus de dix mille caractères sumériens) font déjà l’objet de prières chamaniques ... Parviendrons-nous tel le Gange sacré sur les rives des eaux tumultueuses de la Nationale 1 ... le pèlerinage reste à faire ... tout est encore possible les Amis : descendre en aval ou monter en amont ...

Matthieu Morisse